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| le tremolo MRX : stereo en plus... |
Je lance donc un cri desespéré : ARRETEZ DE METTRE DU TREMOLO PARTOUT !!!
J'en suis arrivé à ce cri du cœur lors d'un récent concert. Le guitariste accompagnateur faisait un très beau boulot en habillage électrique, mais son tremolo était en marche pendant les trois quarts du show... Pour mémoire, le tremolo est un des effets les plus simples de la guitare, qui consiste en une baisse cyclique du volume (plus ou moins rapide et plus ou moins extrême). Il s'agit même d'un des deux premiers effets intégrés aux amplis des années 50 (l'autre étant la reverb), et il a fait le bonheur de nombreux guitaristes et arrangeurs par le côté très vivant qu'il donne au son. Mais il en est du tremolo comme de la plupart des effets ou des épices en cuisine : utilisé comme un luxe ponctuel qui amène un peu de variété, c'est une belle surprise qui marche à coup sûr, mais à forte dose le mal de mer est proche...
Au cinquième morceau j'ai alors réalisé avec horreur : le tremolo est à la décennie 2010 ce que le chorus était à la décennie 80. Dans ces années sombres pour les amateurs de sons roots et naturels, il était impensable pour les guitaristes à la mode d'enregistrer ou de jouer en live sans un chorus plus ou moins prononcé qui englobait tous les sons, saturés comme cleans. Et puisque le chorus est devenu has-been et que la plupart des sidemen perdraient leur boulot instantanément pour le simple fait d'avoir ramené un Chorus TC Electronic en studio, alors le tremolo devient le nouveau moyen de faire vivre un son sans aucun effort. A partir du moment où il tourne, pas besoin d'appliquer un vibrato main gauche à des accords tenus... La raison de cette utilisation excessive est claire : la peur du vide ! La peur d'un son clair trop raide qui trahit les à-peu-près du jeu et promet un grand moment de solitude au guitariste à la technique hésitante si l'accompagnement est un tantinet dénudé. Pourtant, il y a tant d'autres manières de faire vivre un son avant de le noyer dans les vagues tremolantes : un petit coup de Bigsby, un petit coup sur le pan coupé inférieur pour faire varier la hauteur, et tout simplement un vibré main gauche de qualité... Mais, bien entendu, c'est moins immédiatement flatteur !
Je suis très curieux de lire vos avis sur le sujet... Et pour ne pas passer pour un rabat-joie intégral voici quelques très beaux exemples d'utilisation du tremolo à travers les âges :
Nancy Sinatra - Bang Bang (Billy Strange à la guitare)
Green Day - Boulevard Of Broken Dreams
Duane Eddy - Rebel Rouser
