Saturday, September 12, 2015

Fantasme 174 - Gretsch Masterbuilt Bo Diddley Penguin Grape Sparkle

http://www.rainbowguitars.com/guitar/gretsch/masterbuilt-bo-diddley-penguin-grape-sparkle/9252002667/fe

Le magasin US Rainbow Guitars porte bien son nom : ils ont le chic pour commander des instruments aux Custom Shop des trois grandes marques dans des couleurs que même certains arcs-en-ciel ne connaissent pas.
Dans le genre absolument improbable et plus-funky-tu-moeurs, voici donc la Bo Diddley Penguin Grape Sparkle. Bo Diddley puisqu'elle reprend la forme rectangulaire de la Gretsch conçue par le génial guitariste dans les années 50, Penguin parce qu'elle reprend les décorations typiques de la White Penguin (forme de la tête, plaque de protection, repères de touche...), et enfin Grape Sparkle, puisque quitte à commander un hybride aussi délirant, autant lui donner une couleur absolument surréaliste comme ce violet à paillettes.
Je gère les commandes pour Woodbrass Deluxe, ce qui veut dire que je prends la responsabilité de faire venir certaines guitares Custom en ne sachant pas forcément si elles trouveront leur acquéreur. J'adore cette guitare parce qu'elle représente tout ce qu'il ne faut pas faire en théorie : custom shop Gretsch (très cher et 3 ans d'attente), forme très inhabituelle, jouabilité très limitée (15 cases accessibles) et couleur très dure à assumer. Et pourtant... La belle était à peine arrivée dans le stock du magasin qu'elle repartait déjà chez son heureux acquéreur. Pourtant, à 6000 dollars ou plus, on aurait pu penser que la Diddley Penguin aurait passé plus de temps dans le stock de Rainbow... La morale de tout ça ? Plus une guitare est extravagante, plus elle aura de chances de toucher la personne qui voulait exactement ça sans même le savoir. Cette personne est unique, et Rainbow a eu la bonne idée de ne pas en commander cinq comme celle-ci. D'ailleurs, la couleur me donne envie d'imaginer qu'elle réside à l'heure actuelle dans la collection de Prince... Et pourquoi pas ?

Friday, September 4, 2015

Extreme Pedalboard Makeover Season 3 - episode 3

Dernier épisode de cette série à succès, et voici la bêbête terminée ! Et ça marche d'enfer... Les câbles sont des Fender tweed (surtout parce que c'est joli, faut pas oublier ce critère non plus), et j'ai remplacé l'octaver Believe de Lovepedal par la Meathead D.A.M., une fuzz ultra velue qui me plaît non seulement pour son grain mais aussi pour la simplicité de ses réglages. Il y a quand même un bouton de plus que sur la Believe mais ça reste acceptable...
J'ai demandé à mon luthier préféré de fixer l'alim T Rex en dessous du board, en perçant un trou pour brancher le tout sans que ça se ballade, et le résultat est effectivement très propre... Je vous laisse apprécier l'envers du décor, et je vous ai fait une petite démo des différents sons dans la vidéo tout en bas. Mais ne vous inquiétez pas, un autre pedalboard est dores et déjà en route, c'est une maladie qui ne se guérit jamais complètement...



et la vidéo pour terminer ! Enjoy :)

https://www.youtube.com/watch?v=2BDh-JmSUe8

Sunday, August 16, 2015

Fantasme 173 - Fender Duo Sonic 60 Lucite


La Duo Sonic fait partie de ces modèles Fender dont la côte n'a pas décollé de la même manière que les vénérables Strat et Fender du temps jadis. Il est courant de trouver des exemplaires des années 60 dans des couleurs bien funky pour 1500 euros environ. Celle-ci coûte à peu près dix fois ça, mais elle les vaut bien ! Il s'agit d'un modèle unique réalisé à l'époque pour le NAMM Show, et le corps est en Lucite, comme les Dan Armstrong de l'époque. Elle est donc transparente avec plaque noire, la juxtaposition est parfaite et s'avère d'autant plus séduisante que je n'avais jamais vu un corps transparent sur cette forme là. Et il y a peu de chances que j'en renvoie de sitôt...

Wednesday, August 5, 2015

Chronique d'album - Dengue Fever


Je crois que c'est un des moments de ma vie où je me suis le plus senti comme un guitar nerd absolu : je me baladais au rayon World Music de chez Gibert à la recherche de blues malien, et je suis tombé sur cet album. Je n'avais jamais entendu parler du groupe, je n'avais aucune idée de ce à quoi m'attendre, mais j'ai acheté l'album juste parce que la guitare sur la pochette était tellement cool que je ne pouvais pas prendre le risque de ne pas la revoir. Bien sûr, j'aurais pu faire une recherche sur smartphone pour voir de quoi il s'agissait, ou prendre une photo de la pochette pour m'y référer ultérieurement, mais j'ai craqué, sans y réfléchir plus que ça.
Pour mieux comprendre d'où vient Dengue Fever, il faut savoir que le Cambodge a connu une véritable explosion surf et psychédélique à la fin des années 60, sous l'influence de la présence américaine au Vietnam voisin. Cet âge d'or aura été de très courte durée puisque la plupart des artistes qui en faisaient partie ont été exécutés par les Khmers rouges dans les années 70.
Flash forward au début des années 2000, les frères Zac (guitare) et Ethan (orgue) Holtzman forment le groupe Dengue Fever en Californie du Sud à Los Angeles avec la chanteuse khmer Chhom Nimol, dont la voix est typique de la pop cambodgienne. Ils sont même allés jusqu'à sortir en 2010 la compilation Electric Cambodia qui présente plusieurs artistes de l'époque. L'année suivante, c'est ce Cannibal Courtship à l'incroyable pochette qui les a vraiment fait connaître.
L'instrument pour commencer : il est surnommé le Mastodong, puisqu'il est énorme et qu'il mélange une Jazzmaster et le chapei dong veng, un instrument traditionnel cambodgien. Zac Holtzman a choisi cette merveille pour passer rapidement de l'un à l'autre, et tant qu'à faire il ne l'a pas choisie moche, puisque la finition est dorée à paillettes, ce qui va à merveille avec le blanc des micros et plaques de protection ainsi qu'avec les repères en blocs sur la touche. Musicalement, cet album est à l'image de l'instrument : un mélange improbable et magnifique entre musique surf californienne et accents cambodgiens. Les compos sont excellentes, la prod à la hauteur du tout, et les sons naviguent parfaitement entre vintage et barré. Il y a de très beaux orgues kitschs façon Farfisa, de la grosse fuzz crachottante et des belles reverbs à ressort bien dégoulinantes...
En début d'année, le groupe a sorti un nouvel album, The Deepest Lake, et même si il est excellent je dois avouer que Cannibal Courtship reste mon favori. Mais allez savoir si ça n'est pas simplement parce que je l'ai découvert en premier... Écoutez donc le magnifique single Cement Slippers et vous m'en direz des nouvelles ! Et comme le hasard fait bien les choses, ils passent justement en France courant septembre...

Saturday, July 4, 2015

Fantasme 172 - Gibson LG2

http://www.umanovguitars.com/store/item/1954-gibson-lg-2-2/

Une Gibson acoustique noire c'est quand même quelque chose... D'ailleurs ça n'est pas Elvis et les Everly Brothers qui me contrediraient... Ou même Jack Black et Dave Grohl ! Mais en général, lorsqu'on pense à une Gibson noire, on se figure une J-200 (King oblige) ou une Hummingbird, éventuellement une Dove (King encore !)... Mais il y a aussi eu des petites Gibson acoustiques noires, et pas des moindres ! Cette LG-2 a visiblement été repeinte à l'usine, ce qui à mes yeux la rend encore plus précieuse... Je ne sais pas vous mais je me vois bien la mettre en open et passer quelques plans de Skip James là-dessus. Mais ça n'est peut-être que moi.

Tuesday, June 23, 2015

Extreme Pedalboard Makeover Season 3 - episode 2

Les choses commencent à se préciser gentiment... Pour ce deuxième épisode (le premier est ICI), voici donc le choix des armes ! Tout commence par le board lui même : je voulais essayer de ne pas donner dans le sempiternel Pedaltrain et j'ai donc reluqué du côté des danois de T-Rex. Ils viennent justement de présenter leur nouvelle gamme de ToneTrunks, et leur plus petit modèle en housse grise m'a bien parlé pour plusieurs raisons. Déjà, il fait exactement la taille que je voulais (42x32cm). D'autre part, les trous sont bien placés et l'inclinaison est belle. Enfin, il est déjà recouvert de velcro, ce qui est idéal niveau stabilité (surtout pour un incapable comme moi qui a déjà du mal à mettre le velcro à l'arrière des pédales). L'inconvénient c'est bien sûr que ça impose le choix du côté du velcro à mettre sur les pédales, si vous aviez déjà un board avant il vaut mieux que votre choix ait été le même que T-Rex, sinon c'est atelier décollage-recollage ! C'était bien sûr mon cas...
Tant qu'à faire, je suis resté chez le gros dinosaure pour l'alim, avec la petite Fuel Tank Junior. Avec cinq sorties indépendantes en 9v je suis peinard pour alimenter mes huit pédales, et puis elle est rouge comme un camion de pompier, et ça c'est important.
Vient enfin le choix des pédales... Par rapport à la liste que je donnais dans l'article précédent, j'ai décidé que je n'avais pas besoin d'une reverb spring puisqu'en fait je l'enlève à chaque fois que je joue en live, mais par contre j'ai bien aimé l'idée de mélanger deux delays, un pur analo et un numérique avec tap tempo. Plusieurs raisons à ce choix : pour profiter du beau grain et des oscillations de l'analo tout en gardant la possibilité des répétitions ultra synchro grâce au tap tempo, mais aussi pour jouer avec deux delays à la fois, ce qui peut donner des nappes planantes fort sympathiques...
Voici donc la liste (je pense) définitive :
- accordeur Boss (ça je ne sors jamais sans)
- Anasounds Savage (overdrive style Klon, je ne sors jamais sans non plus)
- MXR Carbon Copy (très beau delay analo, je l'utilise depuis près de 10 ans)
- Fulltone Mini Deja Vibe (j'en ai eu plein des Vibe, et je reviens toujours à celle-ci)
- Lovepedal Believe (un ring modulator/fuzz très particulier, aucun réglage au moins c'est plus simple)
- Voodoo Lab Tremolo (simple, efficace, musical)
- Way Huge Red Llama (un drive au niveau de sortie de bison, parfait pour booster le drive)
- T-Rex Replay Box (un delay stéréo tout simple avec tap tempo paramétrable, tout ce qu'il faut quoi !)
On va pouvoir commencer à chaîner et câbler tout ça... Stay tuned pour la suite !

Saturday, June 13, 2015

Obsédé de Spinal Tap

Tout guitariste qui se respecte doit connaître sur le bout des doigts le film This Is Spinal Tap. ça n'est pas optionnel, pas négociable, tant ce rockumentaire sur un groupe de heavy metal britannique imaginaire résume parfaitement à lui tout seul la vie d'un groupe et la manière de réfléchir d'un guitariste. Rob Reiner a produit ce chef d’œuvre en 1984 et peu de choses ont changé, certaines scènes sont même gênantes tellement elles rappelleront à certaines des épisodes trop familiers. Le groupe victime de son ambition de mise en scène scénique (le Stonehenge trop petit, les œufs d'Alien qui ne s'ouvrent pas), la copine du chanteur qui sème la discorde entre les musiciens, le bassiste qui se fait attraper à l'aéroport avec un concombre dans son pantalon, le groupe qui ne trouve pas la scène au moment de commencer le concert, les batteurs qui explosent, le solo de guitare interminable... Chaque scène vaut son pesant d'or, mais LA scène que chaque guitariste doit absolument connaître par cœur, c'est bien sûr la visite de la collection de guitares de Nigel Tufnel, le lead du groupe au personnage très clairement inspiré de Jeff Beck. Je vous laisse apprécier ça (merci Youtube) :



Non seulement c'est très drôle et hyper bien vu, mais avouez qu'on vivrait correctement avec une collection pareille non ? Retournez donc voir la date du film... Eh oui 1984, avant la création des Custom Shop Fender et Gibson, vous voyez où je veux en venir ? Toutes ces beautés sont des originales ! Et c'est là que je voulais en venir avec cet article : dans un ancien Guitar Player (numéro 170 daté de février 1984 avec Angus Young en couverture), un papier annonce la sortie du film et détaille les instruments qu'on y voit ! Jugez plutôt :

"Visually, the film is a feast for guitar players, thanks to the many vintage instruments Spinal Tap is seen playing. Norman Harris, of Norman's Rare Guitars (Reseda, California), loaned them 40 collector's items, for which the movie took out a million-dollar insurance policy. They include: two dot-inlay 335s, two '58 Flying Vs, a '59 sunburst Les Paul, a '55 gold-top Les Paul, a '61 Byrdland, a '49 Broadcaster, a '58 Super 400, a '28 00-42 Martin, and a '59 three-pickup Les Paul Custom. Older clips showing Spinal Tap in its infancy feature Danelectros, Gretsches, Hofners and Rickenbackers (as well as cameo appearances by Danny Kortchmar and Russ Kunkel as former band members)."
Je traduis pour ceux qui ne suivent plus :
Visuellement, ce film est un véritable festin pour les guitaristes, grâce aux nombreux instruments vintage que les Spinal Tap y jouent. Norman Harris, du magasin Norman's Rare Guitares (Reseda, California, j'en parlais d'ailleurs dans mon article sur les magasins de L.A.) leur a prêté 40 pièces de collection, que l'équipe du film a assuré pour un million de dollars. Parmi elles ont trouve : une ES-335 dot (d'avant 1962 donc), deux Flying V de 1958, une Les Paul sunburst de 1959, une Les Paul gold top de 1955, une Byrdland de 1961, une Broadcaster de 1949, une Super 400 de 1958, une Martin 00-42 de 1928 et une Les Paul Custom à trois micros de 1959. Pendant les parties du films qui montrent les débuts de Spinal Tap, on peut apercevoir des Danelectro, des Gretsch, des Hofner et des Rickenbacker (ainsi que des apparitions cameo de Danny Kortchmar et Russ Kunkel - membres notamment du groupe de James Taylor - en tant qu'anciens membres du groupe).
Vertigineux, n'est-ce pas ? Le pire c'est que la liste n'est pas exhaustive... Rien que dans la scène citée plus haut, la fameuse guitare avec l'étiquette originale qu'on ne doit même pas regarder est une Fender Bass VI Seafoam Green à tête assortie. Si on regarde bien (merci les arrêts sur image), on peut aussi voir : une autre Les Paul sunburst (si si !), deux Strats (une sunburst maple qui doit dater des années 50 et une Candy Apple Red à touche palissandre qui est probablement une série L), une Gibson double manche 12 / 6 cordes en blanc (polaris white ?), une Jazz Bass touche palissandre rouge à tête assortie, une Fender Electric XII Candy Apple Red là aussi à tête assortie, et une Precision Bass du début des années 50. C'est tout ? Eh bien non ! Dans d'autres scènes du film, on peut aussi apercevoir une Gibson Explorer (une 1958 aussi tant qu'à faire ?) et une SG Special Polaris White... Revoyez le film en gardant ces références en tête, c'est une incroyable séance de guitar porn qui s'offre à vous ! Enjoy...