Saturday, October 14, 2017

Bouquin - The Invisible Line et les incrustations

Ce très beau bouquin vient de sortir chez Hal Leonard, et se concentre sur l'art de l'incrustation appliqué à notre instrument de prédilection.
Larry Robinson s'est chargé de compiler l'ouvrage, et peu d'artisans sont aussi légitimes que lui pour parler de ce sujet. L'homme est devenu maître dans l'art (car oui c'est un art) d'assembler des morceaux de coquillage ou des pierres minuscules pour créer petit à petit des dessins plus ou moins grands sur un support aussi ingrat que l'épicéa d'une table ou l'ébène d'une touche. On lui doit notamment la millionième Martin, une superbe création sortie en 2003, la dreadnought qui porte le numéro de série 1.000.000 (puisque Martin numérote ses guitares de façon consécutive, donc c'est facile à suivre).
Robinson a regroupé un groupe de sept artisans qu'il considère comme la crème de la crème, parmi lesquels il se compte forcément, et on retrouve aussi David Giulietti, le seul artisan qu'il a autorisé à travailler avec lui pendant les deux années passées sur la Martin, et Bob Hergert, qui s'est quant à lui chargé de la Martin 1.500.000. Décidément c'est une affaire de famille... On ne peut s'empêcher de regretter l'absence de William Laskin, un autre grand maitre du domaine qui aurait parfaitement eu sa place ici.
Chaque artisan reçoit un chapitre d'une bonne vingtaine de pages qui lui est consacré, mélange de texte précis qui fera école et de photos absolument superbes. On sent la passion à chaque page, même si toutes les créations ne seront pas forcément à votre goût. Personnellement, j'ai tendance à aller dans la direction opposée d'une sobriété forcenée, mais ça ne m'empêche pas d'apprécier le travail qui va avec et l'attachement symbolique encore plus fort que peut amener une incrustation évoquant un évènement ou une personne marquantes. Certaines créations flirtent allègrement avec un mauvais goût typiquement américain, cette manie de mettre des jolis dessins pour montrer qu'on peut le faire, à la manière des fameuses PRS Dragon par exemple. À l'inverse, d'autres guitares sont à la fois originales et inventives, et je dois avouer que j'ai un faible tout particulier pour la guitare de Larry Robinson baptisée "Meet The Beetles". Le nom est évidemment un jeu de mot sur le titre du deuxième album des Beatles, Meet The Beatles, mais avec l'orthographe d'origine du mot qui veut tout simplement dire "scarabée". Cette guitare est donc une Telecaster en plexiglas à l'intérieur de laquelle ont été placés toutes sortes de petites bêbêtes. Le résultat est horrifiant ou génial selon votre point de vue, mais ne peut en aucun cas laisser indifférent.
https://www.amazon.fr/Invisible-Line-When-Craft-Becomes/dp/1617136530


Tuesday, September 26, 2017

Fantasme 183 - Gretsch Red Falcon Masterbuilt

Comme vous l'aurez sans doute remarqué, j'ai été plus que discret sur cette page au cours des six derniers mois, ayant choisi de me concentrer sur la version podcast de Guitare Obsession. Mais il est temps de réactiver ce blog, et quoi de mieux qu'un petit fantasme pour relancer la bête ?
Je dois avouer que mon obsession pour le Custom Shop Gretsch ne m'a pas quitté... Les merveilles réalisées par le masterbuilder Stephen Stern ont systématiquement quelque chose de très excitant, y compris des choses improbables à base de bois exotiques. Mais bien sûr, la quintessence Gretsch ce sont des guitares de cowboys avec tellement d'éléments kitschs qu'elles en frôlent le bon goût.
Regarder mieux : cette grosse beauté n'est pas une 6120 ! D'abord elle n'est pas orange mais bien rouge, et elle est décorée comme une Falcon avec la forme de tête caractéristique. Pour parfaire le tableau, Stern a rajouté une décoration d'armrest (là où on pose le coude) et un vibrato franchement bizarre, dérivé de Bigsby mais avec un look bien à lui. Irrésistible non ? Et je n'ai même pas encore mentionné les signes de carte à jouer sur la touche...
https://reverb.com/item/4691544-gretsch-g6136-red-falcon-usa-masterbuilt-2014

Saturday, December 31, 2016

Podcast épisode 16

Le podcast de nouvelle année est en ligne ! Vous pouvez le retrouver ici :
J'y parle beaucoup de ma chère Martin Custom Shop, cet instrument incroyable dont j'ai eu la chance de croiser la route en cette année 2016, voici donc quelques photos de l'usine Martin et de l'élue de mon cœur, lors de notre toute première rencontre.

 L'usine Martin à Nazareth, lieu historique s'il en est.

 L'entrée, ultra sobre !

Ma chère et tendre, lors de notre première rencontre... 

Son superbe dos en noyer.

Sa petite étiquette...

Entre les bras de sa créatrice, Emily du Custom Shop


Une infîme partie des archives Martin...

Saturday, December 17, 2016

Le podcast, épisode 13 !

 Bonsoir à toutes et tous ! L'épisode 13 du podcast est en ligne ici :
Et voici quelques photos pour illustrer mon propos !

La scène du concert de King Crimson à la Salle Pleyel : trois batteurs côte à côte sur le devant de la scène, et la reste de la formation derrière. Si vous regardez bien, vous verrez le Kemper de Jakko Jakszyk de dos sur un baffle PRS.

Le même Jakko Jakszyk, arborant fièrement sa PRS Custom décorée de la pochette du premier album de King Crimson, In The Court Of The Crimson King.

Robert Fripp à l'époque où il jouait sur une vraie guitare.


Une création fascinante du masterbuilder Jason Smith pour fêter à la fois les 30 ans du Custom Shop Fender et les 30 ans de la Stratocaster American Standard. Une Standard réinventée en pièce de collection bleu sombre à plaque rouge.

Chopée aussi sur les Instagrams : la J Rockett Rockaway Archer, leur version de la Klon Centaur revue et corrigée avec l'aide de Steve Stevens.

La nouvelle création de Jeorge Tripps, le guru des effets chez Way Huge : la Conquistador Fuzztortion, une fuzz gatée. Troy Van Leuween a visiblement été mêlé au processus de création.

Thursday, December 8, 2016

Le podcast, épisode 12 !

Bonsoir à toutes et tous !
Comme vous n'avez pas manqué de le remarquer, je me suis fait très discret sur ce bon vieux blog ces derniers temps, pour la bonne et excellente raison que je me suis concentré sur sa version audio, le fameux podcast que vous pouvez retrouver sur iTunes (sur votre appli "podcast", la violette sur les iPhones) et sur le web à cette adresse pour rattraper les anciens numéros : https://soundcloud.com/guitareobs/
Je vais désormais tenter de donner une extension visuelle au podcast en passant par cette page, et voici donc les quelques illustrations liées à l'épisode 12, le dernier en date !
https://soundcloud.com/guitareobs/12-wilco-fender-custom-shop
Pour commencer, à gauche, c'est Robbie Robertson de The Band avec sa magnifique Gibson EMS-1235, une double manche guitare/mandoline à l'aspect parfaitement improbable.

ça c'est sa Strat trempée dans le bronze, celle qui va être reproduite  dans les moindres détails par Todd Krause, le masterbuilder du Custom Shop Fender.

ça c'est Marty Friedman, l'ex-Megadeth de retour chez Jackson. Il a l'air très content.

ça c'est la Jazzmaster 59 de Nels Cline (Wilco). Elle est tellement belle que c'est énervant.

La Jazzmaster Custom Shop en Blue Floral. Dingue.

Ma toute nouvelle titine, une superbe 1304 Silvertone que vous pouvez entendre couiner à la fin de l'épisode :) à la semaine prochaine !



Saturday, September 10, 2016

Le Podcast est là !

Vous en avez plus qu'assez de voir que cette page se dessèche comme un sénateur au soleil ? Il est temps de vous mettre à écouter le podcast de Guitare Obsession ! Cette émission audio, animée par Julien Bitoun (moi donc !), vous propose plein d'infos sur le matos, la musique et les nouveautés à suivre de près.
Plusieurs solutions pour écouter :
- SUR ITUNES : cherchez le menu "Podcasts", et dans la barre de recherche entrez "Guitare Obsession".
- SUR IPHONE OU IPAD : cherchez l'appli "Podcasts" et dans la barre de recherche entrez "Guitare Obsession". Vous avez la possibilité de télécharger les épisodes afin de les écouter hors ligne, dans le bus, dans le métro ou sur votre vélo.
- SUR LE NET : https://soundcloud.com/guitareobs/01-metallica-bonamassa-firebird-beyonce
Dîtes moi ce que ce premier épisode vous aura inspiré !

Saturday, July 2, 2016

Le retour de la vengeance de la Gretsch philosophale

Il y a des guitares comme ça qui vous courent après sans vouloir lâcher l'affaire... J'avais déjà raconté mes traumatismes gretschiens dans l'article The Morning After The New Morning, où j'expliquais en substance que j'adore ma Collings qui est trop facile à jouer et qui résonne comme un extension de mon âme, mais que j'adore aussi le son de ma Gretsch Tennessean de 67 sauf que cette dernière est une tannée à jouer. J'envisageais la solution de bigsbyter la Collings, menace qui est heureusement restée à l'état de projet, mais après la Guitar Fest 2015 et la piètre performance de la Gretsch sur le titre d'ouverture, je l'ai échangée contre une Jazzmaster, me disant que je retrouverais ainsi le plaisir du vibrato sur un instrument plus fiable.
Finalement, j'ai découvert avec la Jazzmaster un univers passionnant mais qui n'a pas remplacé la Gretsch. Je préfère la douceur du Bigsby, et le gros son épais d'une hollow body me manquait. Il faut dire que cette Gretsch m'a énormément inspiré, c'est d'elle que sort une bonne moitié des titres de Tea & Biscuits, dont Brooklyn Cowboy qui lui rend directement hommage (puisque c'est une guitare de cowboy et qu'à l'époque les Gretsch étaient fabriquées à Brooklyn).
Du coup j'ai revendu la Jazzmaster, en me disant que un jour je retrouverai une belle hollow et qu'elle m'inspirerait des bonnes choses et qu'en attendant je me concentrerai sur la Collings qui reste mon cheval de trait indéfectible. Et puis je suis passé dans ce magasin de banlieue dans lequel j'ai bossé pendant fort longtemps histoire de saluer les copains, et je l'ai vue au mur. Un peu comme les animaux zombies qui reviennent à la vie dans un roman de Stephen King, elle était revenue mais avec des trous à la place des boutons et des micros TV Jones à la place des originaux. Entre temps, un autre Julien (sic) l'avait achetée, modifiée puis revendue aussi sec. Il faut dire que d'une part la plupart des contrôles d'une Gretsch ne servent à rien, et d'autre part les micros d'origine était bien vidés. Je l'ai donc reprise en main, et la magie était toujours là. Je suis donc reparti avec, et je me suis dit que foutu pour foutu, j'aimais bien l'idée d'aller dans le sens du dépouillement initié par son propriétaire intermédiaire. J'ai donc enlevé le micro grave et - ô miracle parfaitement prévisible - j'ai gagné un peu de résonance et un look furieux à la Malcolm Young. De toutes façons le micro grave ne m'a pas servi une seule fois de tout le temps où je l'ai eu auparavant. La bonne nouvelle, c'est que le TV Jones de remplacement est parfaitement crédible, et je le trouve ultra proche de l'original, avec un tout petit peu plus de puissance (mais pas énormément non plus, tant mieux).
Reste le problème de la jouer sur scène n'est-ce pas ? Je me dis qu'en fait ça sera une guitare parfaite pour la composition et l'enregistrement, et que son grain sera nickel pour les parties les plus crados de Chicken & Waffle, le troisième album du Julien Bitoun Trio. Et sur scène, la Collings continuera de faire son boulot, puisque je sais exactement à quoi m'attendre de sa part. Ce qui ne m'empêchera pas forcément de changer le chevalet pourri et de faire refretter la Gretsch à un moment... à suivre !
D'ailleurs j'en profite tant que j'y suis... Je ne vous ai pas raconté comment je suis tombé amoureux de cette Gretsch ! La première Guitar Fest a eu lieu en juillet 2014, et pour cette occasion j'ai choisi une dizaine de guitares chez Guitare Village pour changer d'instrument tous les deux morceaux comme une vraie diva. J'ai essentiellement pris des guitares à un micro excitantes, et pour le mini set rockabilly en plein milieu (trois titres avec François à la contrebasse), j'ai choisi cette Gretsch avant tout parce que, étant donné son état, je n'avais pas peur de lui ajouter un pain. J'ai oublié les autres guitares de cette soirée, pourtant très jolies, et cette vieille bique m'est restée entre les mains... L'amour !