http://www.umanovguitars.com/store/item/1958-gibson-custom-sj-160e/
Il est facile à l'heure actuelle de se moquer de Gibson et de leur politique de sortir 15 nouveaux modèles par mois sans aucune cohérence et souvent en quantités très limitées. Mais n'allez pas pour autant croire qu'il s'agit d'un phénomène récent : déjà dans les années 50 et 60, ce qu'on considère être l'âge d'or pour la marque de Kalamazoo, il était courant de voir des bizarreries chez Gibson qui n'ont rien à voir avec les modèles qui faisaient en théorie partie du catalogue.
J'en veux pour exemple cette incroyable acoustique, qui évoque à la fois trois modèles incontournables de la marque : la Southern Jumbo pour la forme des plaques de protection et les repères de touche, la SJ-160e pour le micro près de la touche et ses deux contrôles sur la table, et enfin la Hummingbird pour ce sunburst indissociable de la décennie 60. Et comme si ça ne suffisait pas, la double plaque de protection est d'origine ! Nous n'avons pas fini de découvrir des merveilles improbables.
Monday, February 9, 2015
Friday, February 6, 2015
Top 10 des amplis de moins de 10 watts
Oui, je sais, les top 10 c'est à la mode sur tous les blogs en ce moment, et on en voit autant défiler sur facebook que de pétitions contre le gluten. Mais l'idée de ce classement m'est venu en voyant passer un groupe sur les amplis de 10 watts et moins : https://www.facebook.com/groups/341104492764486/
Je serais un peu extrême (mais si je l'étais ça se saurait), j'irais jusqu'à dire que les amplis de petite puissance sont les seuls qui méritent encore d'exister à l'heure actuelle. Avec l'avancée technologique des sonos actuelles, un micro devant un ampli 1 watt suffit largement pour inonder un stade de 80 000 personnes. Et pour jouer à la maison c'est évidemment mieux que tout, en studio ça fait systématiquement la blague... Bref la seule raison d'investir dans un 30 watts ou plus c'est que l'on joue dans une grande salle sans sono ou que l'on ne joue qu'en son clair. Ne faisait partie d'aucune de ces deux catégories, je vous propose donc mon classement purement subjectif des 10 meilleurs amplis de moins de 10 watts. Bien sûr il en manque plein (et tout particulièrement votre préféré bien entendu), bien sûr ça n'est que mon avis, et bien sûr vous n'avez plus qu'à rajouter les vôtres dans les commentaires.
10 - Marshall MS-2
Et là vous vous dîtes que je me fous de vous... mais en fait non. Pour commencer, ce 2 watts à pile a un look à croquer, et le look d'un ampli est loin d'être négligeable. Mais pour ne rien gâcher son tout petit haut parleur donne un son très particulier, ultra criard mais avec cette résonance intéressante du plastique. J'ai fait des prises pour l'album de J. Merrick avec un SM57 contre mon MS-2 et le résultat était bluffant, plus chaud que pas mal d'amplis à lampes. Ne jugez jamais un ampli tant que vous ne l'avez pas entendu avec un micro devant !
09 - Blackstar HT-1R
Là où la plupart des marques sortent des 5 watts sous prétexte que c'était le minimum des petits amplis historiques, Blackstar a osé aller plus loin que tout le monde en proposant une série de combos et têtes à lampe d'une puissance de 1 watt ! Le headroom est donc ridicule, mais pour un beau son crunch et saturé à la maison sans avoir à sortir sa pédale à chaque fois que l'on joue, c'est radical.
08 - Laney Lionheart L5
Encore une marque britannique, et l'idée de génie qu'a eu Laney avec ce Lionheart L5 (en plus du tolex bleu qui est en soi une idée brillante) c'est de sortie un 5 watts avec un haut parleur de 12 pouces. Les amateurs de petites puissances ne sont donc plus obligés de faire avec le côté crincrin d'un 8 ou 10 pouces, et ça change tout.
07 - Tone King Falcon
Ce Falcon a failli être exclu du classement puisqu'il fait 12 watts, mais avec son atténuateur de puissance intégré il rentre quand même dans la catégorie des petits amplis parfaits pour la maison et le studio. Il fait très bien le gros son chaud qui s'écrase, mais n'est pas mieux placé dans ce classement en raison de ses trop nombreux réglages (4 boutons et 2 entrées, ça ne va pas la tête ?).
06 - Vox AC-4
Et là en bon snob je veux bien sûr parler d'un modèle d'époque, les récents sont un peu trop criards à mon goût. J'ai eu la chance de jouer sur un AC-4 des années 60 et ce côté tranchant, brillant et solide à la fois est particulièrement addictif. Et puis vu la puissance ridicule d'un AC-15 ou AC-30, l'AC-4 est le meilleur moyen d'accéder au son Vox sans se faire saigner les tympans.
05 - Marshall JTM-1H
Pour fêter ses 50 ans en 2012, Marshall a sorti un série de 5 amplis (combos et têtes) inspirés des 5 décennies sonores de la marque, en version 1 watt à lampes à chaque fois. Bien entendu, c'est le premier de la série qui m'a tapé dans l’œil (l'oreille ?) et que j'aurais bien aimé ajouter à mon arsenal. Contrairement à ce que beaucoup d'autres amplis promettent, le JTM-1H parvient vraiment à sonner comme un plexi à un volume supportable. Quel dommage qu'il ne soit pas devenu un modèle permanent de Marshall...
04 - Fender Champ blackface
Quand je parle de Champ blackface, je pense en fait à un exemplaire en particulier, celui qui dort au Studio de la Frette, à la Frette sur Seine. J'ai fait plusieurs sessions là-bas avec Arno Santamaria, et à chaque fois j'ai eu exactement ce que je cherchais avec cette superbe petite boîte : un beau son clair qui commence à cruncher quand on lui rentre un peu fort dans les dents. Dommage que Fender ne propose pas de Champ blackface dans sa gamme de rééditions vintage. Le Princeton 65 c'est une super idée mais c'est quand même déjà un peu fort.
03 - Swart Space Tone
L'ampli boutique de petite puissance qui défonce tout... J'ai longtemps bavé sur le Swart, et d'ailleurs je bave encore. Sur une base de Fender tweed, le Space Tone développe 5 watts avec une ampleur et une réactivité dynamique à tomber par terre. Il a été conçu pour le studio, mais j'ai eu l'occasion d'en entendre un sur scène et personne n'aurait eu l'idée d'aller chercher un stack pour le remplacer.
02 - Fender Champ '57
Le patron, celui à l'aune duquel tous les autres seront jugés... Le Champ Fender version tweed, celui que l'on entend sur d'innombrables albums dans tous les styles. Crémeux, rauque, tranchant et gras à la fois, le Champ est bien plus que le simple ampli pour apprenti guitariste qu'il était censé être à sa sortie. Il y a quelques années, Fender avait sorti une réédition du modèle de 57 que j'avais testée pour Guitar Part. J'ai été très déçu lorsqu'ils se sont souvenus que l'ampli était encore chez moi, et encore plus déçu lorsque j'ai réalisé que le modèle avait disparu du catalogue. Il y a bien le Vibroverb signature Clapton qui existe à l'heure actuelle dans le même registre, mais je n'ai aucune envie d'avoir la signature de Clapton sur mon Champ.
01 - Pignose
ça n'aurait sans doute pas été le numéro 1 pour tout le monde, mais cette petite boîte représente pour moi le top absolu de l'ampli de petite puissance. Le 7-100 a été introduit en 1973 et son design n'a pas bougé depuis. 5 watts, 6 piles LR6, un bouton de volume qui sert aussi de mise en marche, et c'est parti ! Pour un 5 watts à transistors, le Pignose est assez puissant (au point de pouvoir se battre contre un batteur un peu délicat) et surtout il sonne avec un crunch inimitable. Le côté transistor, en plus de permettre la portabilité, ajoute une immédiateté de l'attaque hyper agréable à jouer. Mon premier Pignose était le modèle brun original, et il a énormément vécu. C'est l'ampli qui m'accompagnait lorsque j'allais jammer sur les quais de la Seine avec le Gringo (qui a un Pignose assorti pour son harmonica), et il a servi d'ampli de base pour les sessions de l'album de Testosterone, en stéréo avec un Marshall JMP 100 watts de 1980. Il a fini par déconner et je l'ai donc remplacé par la version tweed qui est encore à l'heure actuelle l'ampli que je sors à chaque fois que je veux jouer amplifié à la maison (ce qui n'arrive pas si souvent mais quand même des fois j'ai envie d'écouter mes pédales). D'ailleurs, j'enregistre mon deuxième album en trio dans une semaine et il est fort probable que le Pignose soit un de mes deux amplis de base...
Je serais un peu extrême (mais si je l'étais ça se saurait), j'irais jusqu'à dire que les amplis de petite puissance sont les seuls qui méritent encore d'exister à l'heure actuelle. Avec l'avancée technologique des sonos actuelles, un micro devant un ampli 1 watt suffit largement pour inonder un stade de 80 000 personnes. Et pour jouer à la maison c'est évidemment mieux que tout, en studio ça fait systématiquement la blague... Bref la seule raison d'investir dans un 30 watts ou plus c'est que l'on joue dans une grande salle sans sono ou que l'on ne joue qu'en son clair. Ne faisait partie d'aucune de ces deux catégories, je vous propose donc mon classement purement subjectif des 10 meilleurs amplis de moins de 10 watts. Bien sûr il en manque plein (et tout particulièrement votre préféré bien entendu), bien sûr ça n'est que mon avis, et bien sûr vous n'avez plus qu'à rajouter les vôtres dans les commentaires.
10 - Marshall MS-2
Et là vous vous dîtes que je me fous de vous... mais en fait non. Pour commencer, ce 2 watts à pile a un look à croquer, et le look d'un ampli est loin d'être négligeable. Mais pour ne rien gâcher son tout petit haut parleur donne un son très particulier, ultra criard mais avec cette résonance intéressante du plastique. J'ai fait des prises pour l'album de J. Merrick avec un SM57 contre mon MS-2 et le résultat était bluffant, plus chaud que pas mal d'amplis à lampes. Ne jugez jamais un ampli tant que vous ne l'avez pas entendu avec un micro devant !
09 - Blackstar HT-1R
Là où la plupart des marques sortent des 5 watts sous prétexte que c'était le minimum des petits amplis historiques, Blackstar a osé aller plus loin que tout le monde en proposant une série de combos et têtes à lampe d'une puissance de 1 watt ! Le headroom est donc ridicule, mais pour un beau son crunch et saturé à la maison sans avoir à sortir sa pédale à chaque fois que l'on joue, c'est radical.
08 - Laney Lionheart L5
Encore une marque britannique, et l'idée de génie qu'a eu Laney avec ce Lionheart L5 (en plus du tolex bleu qui est en soi une idée brillante) c'est de sortie un 5 watts avec un haut parleur de 12 pouces. Les amateurs de petites puissances ne sont donc plus obligés de faire avec le côté crincrin d'un 8 ou 10 pouces, et ça change tout.
07 - Tone King Falcon
Ce Falcon a failli être exclu du classement puisqu'il fait 12 watts, mais avec son atténuateur de puissance intégré il rentre quand même dans la catégorie des petits amplis parfaits pour la maison et le studio. Il fait très bien le gros son chaud qui s'écrase, mais n'est pas mieux placé dans ce classement en raison de ses trop nombreux réglages (4 boutons et 2 entrées, ça ne va pas la tête ?).
06 - Vox AC-4
Et là en bon snob je veux bien sûr parler d'un modèle d'époque, les récents sont un peu trop criards à mon goût. J'ai eu la chance de jouer sur un AC-4 des années 60 et ce côté tranchant, brillant et solide à la fois est particulièrement addictif. Et puis vu la puissance ridicule d'un AC-15 ou AC-30, l'AC-4 est le meilleur moyen d'accéder au son Vox sans se faire saigner les tympans.
05 - Marshall JTM-1H
Pour fêter ses 50 ans en 2012, Marshall a sorti un série de 5 amplis (combos et têtes) inspirés des 5 décennies sonores de la marque, en version 1 watt à lampes à chaque fois. Bien entendu, c'est le premier de la série qui m'a tapé dans l’œil (l'oreille ?) et que j'aurais bien aimé ajouter à mon arsenal. Contrairement à ce que beaucoup d'autres amplis promettent, le JTM-1H parvient vraiment à sonner comme un plexi à un volume supportable. Quel dommage qu'il ne soit pas devenu un modèle permanent de Marshall...
04 - Fender Champ blackface
Quand je parle de Champ blackface, je pense en fait à un exemplaire en particulier, celui qui dort au Studio de la Frette, à la Frette sur Seine. J'ai fait plusieurs sessions là-bas avec Arno Santamaria, et à chaque fois j'ai eu exactement ce que je cherchais avec cette superbe petite boîte : un beau son clair qui commence à cruncher quand on lui rentre un peu fort dans les dents. Dommage que Fender ne propose pas de Champ blackface dans sa gamme de rééditions vintage. Le Princeton 65 c'est une super idée mais c'est quand même déjà un peu fort.
03 - Swart Space Tone
L'ampli boutique de petite puissance qui défonce tout... J'ai longtemps bavé sur le Swart, et d'ailleurs je bave encore. Sur une base de Fender tweed, le Space Tone développe 5 watts avec une ampleur et une réactivité dynamique à tomber par terre. Il a été conçu pour le studio, mais j'ai eu l'occasion d'en entendre un sur scène et personne n'aurait eu l'idée d'aller chercher un stack pour le remplacer.
02 - Fender Champ '57
Le patron, celui à l'aune duquel tous les autres seront jugés... Le Champ Fender version tweed, celui que l'on entend sur d'innombrables albums dans tous les styles. Crémeux, rauque, tranchant et gras à la fois, le Champ est bien plus que le simple ampli pour apprenti guitariste qu'il était censé être à sa sortie. Il y a quelques années, Fender avait sorti une réédition du modèle de 57 que j'avais testée pour Guitar Part. J'ai été très déçu lorsqu'ils se sont souvenus que l'ampli était encore chez moi, et encore plus déçu lorsque j'ai réalisé que le modèle avait disparu du catalogue. Il y a bien le Vibroverb signature Clapton qui existe à l'heure actuelle dans le même registre, mais je n'ai aucune envie d'avoir la signature de Clapton sur mon Champ.
01 - Pignose
ça n'aurait sans doute pas été le numéro 1 pour tout le monde, mais cette petite boîte représente pour moi le top absolu de l'ampli de petite puissance. Le 7-100 a été introduit en 1973 et son design n'a pas bougé depuis. 5 watts, 6 piles LR6, un bouton de volume qui sert aussi de mise en marche, et c'est parti ! Pour un 5 watts à transistors, le Pignose est assez puissant (au point de pouvoir se battre contre un batteur un peu délicat) et surtout il sonne avec un crunch inimitable. Le côté transistor, en plus de permettre la portabilité, ajoute une immédiateté de l'attaque hyper agréable à jouer. Mon premier Pignose était le modèle brun original, et il a énormément vécu. C'est l'ampli qui m'accompagnait lorsque j'allais jammer sur les quais de la Seine avec le Gringo (qui a un Pignose assorti pour son harmonica), et il a servi d'ampli de base pour les sessions de l'album de Testosterone, en stéréo avec un Marshall JMP 100 watts de 1980. Il a fini par déconner et je l'ai donc remplacé par la version tweed qui est encore à l'heure actuelle l'ampli que je sors à chaque fois que je veux jouer amplifié à la maison (ce qui n'arrive pas si souvent mais quand même des fois j'ai envie d'écouter mes pédales). D'ailleurs, j'enregistre mon deuxième album en trio dans une semaine et il est fort probable que le Pignose soit un de mes deux amplis de base...
Sunday, February 1, 2015
Fantasme 165 - Z.VEX Fuzz Factory 7 Custom
http://proguitarshop.com/zvex-fuzz-factory-8.html
Eh oui, il m'arrive même de fantasmer sur des pédales ! Surtout des belles choses rares comme cette Fuzz Factory 7 peinte à la main... Je suis déjà bien fan de la Fuzz Factory d'origine, ne serait-ce que pour son côté bruyant et incontrôlable, mais cette version ajoute un potard de tonalité à 9 positions (qui modifie aussi la fréquence de l'auto-oscillation du coup, on s'approche quasiment du theremin), et deux transistors Amperex éclairés par la LED de mise en marche. Mais la vraie raison pour laquelle cette Fuzz Factory est infiniment cool est le Lucky Cat peint sur fond bleu avec son petit médiator ZVex dans la main. Vous croyez qu'ils font la guitare assortie ? Oops j'avais dit que c'était un fantasme purement pédale...
Eh oui, il m'arrive même de fantasmer sur des pédales ! Surtout des belles choses rares comme cette Fuzz Factory 7 peinte à la main... Je suis déjà bien fan de la Fuzz Factory d'origine, ne serait-ce que pour son côté bruyant et incontrôlable, mais cette version ajoute un potard de tonalité à 9 positions (qui modifie aussi la fréquence de l'auto-oscillation du coup, on s'approche quasiment du theremin), et deux transistors Amperex éclairés par la LED de mise en marche. Mais la vraie raison pour laquelle cette Fuzz Factory est infiniment cool est le Lucky Cat peint sur fond bleu avec son petit médiator ZVex dans la main. Vous croyez qu'ils font la guitare assortie ? Oops j'avais dit que c'était un fantasme purement pédale...
Thursday, January 15, 2015
Chronique d'album - Seven7
Eh oui, ça fait plus d'un mois que je n'ai pas posté ici... Très occupé par un très chouette projet dont je ne manquerai pas de vous parler ici-même, et très touché par les horreurs de la semaine dernière. Avec le NAMM à l'horizon, il est très possible que je ne reposte pas avec régularité après ça. Mais bref voici la nouvelle année, et en guise de bonne résolution j'ai décidé de vous parler plus de musique ici-même ! Parce que la guitare c'est excitant (obsédant même !), mais sans de belles choses à jouer dessus ça ne sert à rien...
Avant de rentrer dans le vif du sujet, j'ai une confession à vous faire : j'ai été un énorme fan de Dream Theater. J'ai passé des dizaines d'heures de mon adolescence à bosser les riffs et solos de Petrucci, et je suis même allé les voir plusieurs fois sur scène (déçu à chaque fois par leurs charismes d'huîtres). Si j'avais eu une Les Paul de 59 à cette époque, je l'aurais volontiers échangée contre une Vigier bleue avec Floyd Rose. Oui, je reviens de loin. Mais même si j'ai découvert plein de choses entre temps, et même si les derniers albums de Dream m'ont laissé sur ma faim, je garde au fond de moi un goût prononcé pour les riffs graves qui ramonnent sur des mesures asymétriques et les morceaux de plus de 5 minutes.
C'est donc avec ces oreilles que je me suis plongé oreilles et âme dans l'album de Seven7, The Follower. Pour vous situer l'histoire, Seven7 est un combo de métal progressif venu du Royaume Uni, et le guitariste n'est autre que l'excellent Nicolas Meier, que les plus chanceux d'entre vous ont écouté derrière Jeff Beck lors de la dernière tournée du maestro. Dans ce contexte, Meier fait reluire sa MusicMan 7 cordes et se ballade entre shred traditionnel, sonorités plus novatrices et influences arabisantes toujours utilisées à bon escient. Ce troisième album est idéal pour s'y mettre : les compos sont très bonnes (pas alambiquées sans raison comme le groupe cité plus haut, d'ailleurs le morceau le plus long ne fait "que" huit minutes), la prod est redoutable (cette batterie !) et, chose suffisamment rare dans le style pour être appréciée, le chant est beau ! Pas de faute de goût (ou bien juste le fait de reprendre O Fortuna de Orff pour la 15è fois dans un morceau métal), pas de démonstration stérile, le tout fait plus que de tenir debout. D'ailleurs je vais de ce pas me le remettre...
Pour découvrir : http://www.seven7.name/
Avant de rentrer dans le vif du sujet, j'ai une confession à vous faire : j'ai été un énorme fan de Dream Theater. J'ai passé des dizaines d'heures de mon adolescence à bosser les riffs et solos de Petrucci, et je suis même allé les voir plusieurs fois sur scène (déçu à chaque fois par leurs charismes d'huîtres). Si j'avais eu une Les Paul de 59 à cette époque, je l'aurais volontiers échangée contre une Vigier bleue avec Floyd Rose. Oui, je reviens de loin. Mais même si j'ai découvert plein de choses entre temps, et même si les derniers albums de Dream m'ont laissé sur ma faim, je garde au fond de moi un goût prononcé pour les riffs graves qui ramonnent sur des mesures asymétriques et les morceaux de plus de 5 minutes.
C'est donc avec ces oreilles que je me suis plongé oreilles et âme dans l'album de Seven7, The Follower. Pour vous situer l'histoire, Seven7 est un combo de métal progressif venu du Royaume Uni, et le guitariste n'est autre que l'excellent Nicolas Meier, que les plus chanceux d'entre vous ont écouté derrière Jeff Beck lors de la dernière tournée du maestro. Dans ce contexte, Meier fait reluire sa MusicMan 7 cordes et se ballade entre shred traditionnel, sonorités plus novatrices et influences arabisantes toujours utilisées à bon escient. Ce troisième album est idéal pour s'y mettre : les compos sont très bonnes (pas alambiquées sans raison comme le groupe cité plus haut, d'ailleurs le morceau le plus long ne fait "que" huit minutes), la prod est redoutable (cette batterie !) et, chose suffisamment rare dans le style pour être appréciée, le chant est beau ! Pas de faute de goût (ou bien juste le fait de reprendre O Fortuna de Orff pour la 15è fois dans un morceau métal), pas de démonstration stérile, le tout fait plus que de tenir debout. D'ailleurs je vais de ce pas me le remettre...
Pour découvrir : http://www.seven7.name/
Friday, December 5, 2014
Fantasme 164 - Fender Custom Shop Stratocaster HSS Gold over Sherwood Green
http://wildwestguitars.com/electric/fender-1960-stratocaster-hss-heavy-relic-hle-gold-over-sherwood-green-1
Je vous entend d'ici : "Comment ça ? Une strat HSS sur ton blog ? C'est le début de la fin !", et je vous l'accorde, cette configuration qui permet de tout faire sans avoir une personnalité trop marquée ne m'a jamais rendu dingue. Et même sur ce modèle, une config avec le humbucker seul aurait rendu l'objet encore plus désirable. Mais avouez quand même que du Gold par dessus du Sherwood Green c'est de l'ordre du très sexy, avec la touche en palissandre qui contraste magnifiquement. L'autre contraste entre le micro capoté et les deux simples bobinages découverts donne un côté hot rod très mignon aussi... Bref, pour une beauté comme ça je suis prêt à aller au-delà de mes idées reçues.
Je vous entend d'ici : "Comment ça ? Une strat HSS sur ton blog ? C'est le début de la fin !", et je vous l'accorde, cette configuration qui permet de tout faire sans avoir une personnalité trop marquée ne m'a jamais rendu dingue. Et même sur ce modèle, une config avec le humbucker seul aurait rendu l'objet encore plus désirable. Mais avouez quand même que du Gold par dessus du Sherwood Green c'est de l'ordre du très sexy, avec la touche en palissandre qui contraste magnifiquement. L'autre contraste entre le micro capoté et les deux simples bobinages découverts donne un côté hot rod très mignon aussi... Bref, pour une beauté comme ça je suis prêt à aller au-delà de mes idées reçues.
Wednesday, November 26, 2014
Fantasme 163 - Dumble Overdrive Special
https://reverb.com/item/364494-dumble-overdrive-special-w-dumbleator-black
(merci à Yann de Woodbrass pour le tuyau sur ce fantasme-là) Je sais, je sais, encore un ampli que seuls les millionnaires pourront se payer, mais rien que pour le prix cet ampli méritait sa place comme fantasme... 110 000 dollars ! Avec le taux de change actuel, on arrive donc gentiment à 88 000 euros, pas mal quand même... Pour ce prix vous devenez donc l'heureux propriétaire d'une tête Dumble Overdrive Special, le légendaire ampli que tout le monde veut mais que personne n'a jamais entendu - à part sur les albums de Robben Ford et Stevie Ray Vaughan. La cerise sur ce gâteau hors de prix est le Dumbleator, un rack 1U qui fait office d'interface de boucle d'effets pour la tête, et dans laquelle le propriétaire précédent avait mis un delay TC Electronic. Le propriétaire en question justement n'est autre que notre ami obsédé Joe Bonamassa, comme en atteste la lettre signée qui accompagne l'ampli. Pour assortir avec la Les Paul 59 que vous avez achetée le mois dernier, il n'y a pas mieux !
(merci à Yann de Woodbrass pour le tuyau sur ce fantasme-là) Je sais, je sais, encore un ampli que seuls les millionnaires pourront se payer, mais rien que pour le prix cet ampli méritait sa place comme fantasme... 110 000 dollars ! Avec le taux de change actuel, on arrive donc gentiment à 88 000 euros, pas mal quand même... Pour ce prix vous devenez donc l'heureux propriétaire d'une tête Dumble Overdrive Special, le légendaire ampli que tout le monde veut mais que personne n'a jamais entendu - à part sur les albums de Robben Ford et Stevie Ray Vaughan. La cerise sur ce gâteau hors de prix est le Dumbleator, un rack 1U qui fait office d'interface de boucle d'effets pour la tête, et dans laquelle le propriétaire précédent avait mis un delay TC Electronic. Le propriétaire en question justement n'est autre que notre ami obsédé Joe Bonamassa, comme en atteste la lettre signée qui accompagne l'ampli. Pour assortir avec la Les Paul 59 que vous avez achetée le mois dernier, il n'y a pas mieux !
Saturday, November 22, 2014
Le problème de John Mayer
Non, cet article ne parlera pas du physique de John Mayer qui, comme vous pouvez le constater sur cette cover de Rolling Stone datant de 2010, a de quoi filer des complexes à Keith Richards lui-même (et ça n'est pas peu dire). Cet article ne parlera pas non plus d'à quel point sa musique accompagne à merveille un voyage en ascenseur, même sur plusieurs dizaines d'étages. Non. Assez de ce genre de bassesses ici, si les guitaristes se critiquaient entre eux ça se saurait. L'objet de cet article est la controverse autour de deux simples tweets signés de la main de la star internationale. Deux tweets datés du 13 Octobre (oui je sais je suis long à réagir) et retweetés par plus d'un miller de fans. Que disent-ils donc ? Le premier : "Heads up to anyone thinking about owning my signature @Fender Stratocaster, they’re no longer being made and I’m no longer a Fender artist." Et le deuxième : "I love Fender guitars and will continue to play them, but the fact is
that the company as it is today isn’t the same one I started with.". Traductions : "à tous ceux qui voudraient acheter ma Fender Stratocaster signature : ils ne la fabriquent plus et je suis plus un artiste Fender." et "J'aime les guitares Fender et je continuerai de les jouer, mais le fait que l'entreprise telle qu'elle est aujourd'hui n'est plus la même que celle avec qui j'ai commencé".
Un peu d'histoire pour commencer : le modèle signature de John Mayer est sorti chez Fender en 2006, à une époque où la firme californienne n'était pas du tout gérée de la même manière. à l'époque, le patron avec qui Mayer a donc sans doute négocié les termes de son contrat) était Bill Schultz, alias l'homme qui a sauvé Fender des griffes de CBS en devenant CEO (PDG aux USA) en 1981 puis en rachetant la marque en 1985. L'ère Schultz a été marquée par les premières bonnes rééditions vintage, les lancement de Squier, des nouveautés intelligentes et l'ouverture du Custom Shop. Autant dire qu'on doit la plupart de ce qui est bon à l'heure actuelle chez Fender à Schultz. La même année que le modèle signature Mayer, Schultz a pris sa retraite et c'est alors Bill Mendello qui a été nommé CEO. Mendello faisait lui aussi partie des acheteurs de Fender en 1985 et faisait donc partie des gardiens du temple, soucieux de conserver l'héritage de la marque. D'ailleurs il s'appelait aussi Bill, c'est dire.
Puis en 2010, Mendello a lui-même pris sa retraite et c'est Larry Thomas qui est venu le remplacer. Changement de décor radical : Thomas ne venait pas de l'intérieur, il a été CEO de la chaîne de magasins Guitar Center juste avant. Un businessman donc, un vrai, même si on reste dans le domaine des instruments de musique. Pendant la présidence de Thomas, Fender se retrouve dans une situation financière extrêmement délicate (des millions de dollars de dettes, plusieurs entrées en bourse ratées), et ce dernier a pris sa retraite en avril 2014. Un mois plus tard, Fender annonce qu'il vend la marque Guild au groupe Cordoba Music. En apparence donc, le groupe Fender lâche du lest et tente de se refaire une santé en se débarassant d'une marque qu'il estime moins précieuse que les autres marques qu'il possède, comme Gretsch, Jackson, Charvel et Hamer. Si on y regarde plus près, on s'aperçoit que le président de Cordoba Music n'est autre que Jonathan Thomas, le fils de Larry ! ça laisse un drôle de goût... Le nouveau CEO de Fender est Bob Roback, un spécialiste de la musique en ligne qui a été président de Yahoo Music et CEO de Dashbox. On s'éloigne donc progressivement de l'esprit de la marque, et les artistes paraissent de plus en plus sensibles à ces changements.
De par les gens à qui j'ai pu parler, j'ai appris d'autres affaires en cours qui me laissent penser que l'affaire John Mayer n'est que le début. Un guitariste de rockabilly très fait faire une guitare chez une grande marque d'acoustiques parce qu'il n'était plus satisfait de son endorsement chez les californiens. Le leader d'un groupe rock de Chicago va lui aussi arrêter son modèle signature, et un bassiste endorsé de longue date va lancer sa propre marque sans aucun lien avec Fender. Serait-on à l'aube d'une nouvelle ère CBS au cours de laquelle les nouveautés proposées par la marque seront de plus en plus incongrues et incohérentes, au cours de la quelle la qualité des produits va diminuer et les artistes se tourneront vers d'autres crèmeries ? Une chose est sûre, il y a quelque chose de pourri dans l'empire Fender, et il va être intéressant de suivre l'affaire dans les mois à venir.
Un peu d'histoire pour commencer : le modèle signature de John Mayer est sorti chez Fender en 2006, à une époque où la firme californienne n'était pas du tout gérée de la même manière. à l'époque, le patron avec qui Mayer a donc sans doute négocié les termes de son contrat) était Bill Schultz, alias l'homme qui a sauvé Fender des griffes de CBS en devenant CEO (PDG aux USA) en 1981 puis en rachetant la marque en 1985. L'ère Schultz a été marquée par les premières bonnes rééditions vintage, les lancement de Squier, des nouveautés intelligentes et l'ouverture du Custom Shop. Autant dire qu'on doit la plupart de ce qui est bon à l'heure actuelle chez Fender à Schultz. La même année que le modèle signature Mayer, Schultz a pris sa retraite et c'est alors Bill Mendello qui a été nommé CEO. Mendello faisait lui aussi partie des acheteurs de Fender en 1985 et faisait donc partie des gardiens du temple, soucieux de conserver l'héritage de la marque. D'ailleurs il s'appelait aussi Bill, c'est dire.
Puis en 2010, Mendello a lui-même pris sa retraite et c'est Larry Thomas qui est venu le remplacer. Changement de décor radical : Thomas ne venait pas de l'intérieur, il a été CEO de la chaîne de magasins Guitar Center juste avant. Un businessman donc, un vrai, même si on reste dans le domaine des instruments de musique. Pendant la présidence de Thomas, Fender se retrouve dans une situation financière extrêmement délicate (des millions de dollars de dettes, plusieurs entrées en bourse ratées), et ce dernier a pris sa retraite en avril 2014. Un mois plus tard, Fender annonce qu'il vend la marque Guild au groupe Cordoba Music. En apparence donc, le groupe Fender lâche du lest et tente de se refaire une santé en se débarassant d'une marque qu'il estime moins précieuse que les autres marques qu'il possède, comme Gretsch, Jackson, Charvel et Hamer. Si on y regarde plus près, on s'aperçoit que le président de Cordoba Music n'est autre que Jonathan Thomas, le fils de Larry ! ça laisse un drôle de goût... Le nouveau CEO de Fender est Bob Roback, un spécialiste de la musique en ligne qui a été président de Yahoo Music et CEO de Dashbox. On s'éloigne donc progressivement de l'esprit de la marque, et les artistes paraissent de plus en plus sensibles à ces changements.
De par les gens à qui j'ai pu parler, j'ai appris d'autres affaires en cours qui me laissent penser que l'affaire John Mayer n'est que le début. Un guitariste de rockabilly très fait faire une guitare chez une grande marque d'acoustiques parce qu'il n'était plus satisfait de son endorsement chez les californiens. Le leader d'un groupe rock de Chicago va lui aussi arrêter son modèle signature, et un bassiste endorsé de longue date va lancer sa propre marque sans aucun lien avec Fender. Serait-on à l'aube d'une nouvelle ère CBS au cours de laquelle les nouveautés proposées par la marque seront de plus en plus incongrues et incohérentes, au cours de la quelle la qualité des produits va diminuer et les artistes se tourneront vers d'autres crèmeries ? Une chose est sûre, il y a quelque chose de pourri dans l'empire Fender, et il va être intéressant de suivre l'affaire dans les mois à venir.
Si quelqu'un rachète la marque Hamer, il y aurait moyen de refaire ce modèle ?
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